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Le triangle de la construction d'un enfant. Les mêmes valeurs, les mêmes principes
Il me semble nécessaire que les parents ainsi que mes futurs élèves sachent comment je pense le Judo, afin qu’ils ne soient pas surpris par certains aspects de mon comportement, aussi je vais essayer, de manière concise, d’exposer mes idées sur la question.
Tout d’abord une technique de Judo, debout comme au sol, n’est pas magique ! Pour l’exécuter, et mettre ainsi un adversaire éventuel hors de combat, il faudra la maîtriser aussi parfaitement que possible, puis l’appliquer avec vitesse, force et détermination.
- MAÎTRISER -
Cela signifie, pour moi, faire un geste juste, biomécaniquement juste, autrement dit utiliser au mieux nos articulations et les muscles qui les entourent, afin qu’ils souffrent un minimum et avoir une efficacité maximum. Il faudra ensuite le répéter autant de fois qu’il sera nécessaire (toujours avec autant de justesse ) pour le rendre automatique, ce qui signifie arriver au point de ne plus avoir à penser.
Il n’est pas difficile de comprendre qu’il faudra, pour parvenir à cette maîtrise, imposer à son corps un certain nombre de contraintes, mais peut-on imaginer pouvoir manipuler le corps d’un éventuel adversaire, partenaire, sans avoir un parfait contrôle de son propre corps ?
- APPLIQUER -
Espérer gagner ou vaincre en appliquant une technique n’importe quand serait illusoire et hasardeux. Le Judo est un sport dynamique,l’adversaire se déplace. Afin de placer son propre corps dans la position idéale pour la bonne exécution d’un mouvement (d’une prise), il va falloir se synchroniser ou se désynchroniser avec l’autre !
Il y aura même des moments où cet autre ne voudra pas bouger du tout, il faudra alors savoir comment le faire réagir pour pouvoir exploiter sa réaction.
Là encore il va falloir prendre le temps de mettre en place et automatiser des séquences en vue d’une plus grande efficacité.
- VITESSE -
Aller vite n’es t déjà pas facile, mais aller vite et bien l’est encore moins !
Partons du principe que, la maîtrise étant acquise, nous allons bien, il va falloir augmenter la vitesse pour surprendre l’autre ! Peut-être faire appel à une certaine catégorie de fibres musculaires ! Comment ? Par des exercices spécifiques au développement de ces fibres !Cela va sous-entendre de s’occuper également de la nutrition, du repos, du sommeil etc... !
- FORCE -
Il faut être fort, ne serait-ce que pour ne pas s’en servir !
Le renforcement musculaire va s’imposer. Cette force acquise au prix de durs efforts devra être mise au service de la technique. Ce sera facile pour certains, difficile pour d’autres, mais impossible pour personne !
- DETERMINATION -
On peut imaginer qu’en possession de la maîtrise, de la vitesse, de la force, la détermination ne sera pas bien loin, la confiance en ses capacités rendues évidentes par le travail assidu et opiniâtre aidera largement l’élève à accepter de se confronter, à affronter l’autre, et vouloir le gagner ou le vaincre !
Car la finalité d’un sport de combat est le combat, et la finalité du combat est la victoire, en restant conscient que s’il y a défaite ce sera parce que l’adversaire aura été meilleur à ce moment là, certain que vous serez d’avoir fait tout ce qu’il fallait pour vous donner toutes les chances de vaincre ou de gagner.
Je suis tout à fait conscient, et VOUS devez prendre conscience, qu’il faudra du temps pour installer toutes ces qualités, peut-être une vie, bien des moments de découragement viendront entamer la volonté de réussir, mais il faut absolument tendre vers, pour, un jour, posséder.
Quelques mots sur ma conception de la compétition
Que l’on appelle ça jeux d’oppositions ou autres pour calmer notre conscience d’adultes, dans l’esprit d’un enfant ou d’un adolescent la perception est : compétition !
Là le problème de dosage se pose car pour un enfant ou un adolescent ce qui lui est demandé est toujours trop, ou pas assez, rarement ceux-ci ont conscience de l’équilibre.
Quant aux résultats des compétitions, si une place de premier vient couronner les efforts faits en amont pour se préparer et l’investissement au moment des combats, c’est merveilleux, mais s’il y a défaite ce sera quand même un bon souvenir car ils auront fait ce qu’ils devaient et ce qu’ils pouvaient, ils seront donc tombés avec les honneurs devant un adversaire plus fort........ce jour-là !
Pour en terminer avec le sujet, à vous parents : je vous en supplie, ne soyez pas pressés de voir vos enfants, adolescents, sur les marches d’un podium, le plaisir, la fierté, l’orgueil de ce moment là ne valent pas les remords devant un gamin anorexique, boulimique, dépressif, ou blessé, résultats souvent engendrés par un excès ou une perte de confiance en eux, car, sauf exception, si gagner très tôt s’installe dans la tête comme naturel, inéluctable, lorsque, plus tard, la défaite arrive (on rencontre toujours plus fort que soi) c’est l’abandon et la déprime !
Bien évidemment, je ne peux demander à un enfant ce que je demande à un adolescent ou un adulte.
Mais si une difficulté est abordée tôt, plus tard ce ne sera plus une difficulté, le problème est : comment, avec quels mots, avec quel ton, avec quels exercices aborder telle ou telle difficulté en fonction de l’âge, des capacités de compréhension, des capacités physiques, de l’engagement personnel, du sexe des élèves ! C’est là mon, notre, souci quotidien d’éducateur....sportif, de professeur, d’entraîneur, de coach ! Ce qui fait tout l’intérêt, le plaisir et la fierté d’avoir embrassé cette carrière.
Je ne peux garantir à toutes celles et ceux qui font ou feront du Judo au Judo Club Antibes qu’ils seront des champions, et personne n’a ce pouvoir, mais je peux leur garantir que s’ils ont la volonté et la patience, tous sauront bien faire le Judo et auront un grand plaisir à le pratiquer, et peut-être que dans un certain nombre d’années, ils iront même jusqu’à reconnaître que le Judo a eu ou a une large part de responsabilité dans la construction du citoyen responsable et autonome qu’ils seront devenus !
Walter Cardinali










